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Un autre regard sur le sport mécanique

La passion comme maître mot

14 août 2007

Minardi F1 TeamMinardi est une des anciennes écuries du plateau.* C’est également la seule écurie qui compte sur la passion pour fonctionner. Aujourd’hui écurie de la catégorie reine, l’écurie Minardi a été fondée en 1979 pour le championnat européen de Formule 2. Arrivée en 1985 dans le championnat du monde de Formule 1, Minardi doit s’acclimater à ce monde particulier. La M185, propulsée par un moteur V8 Ford-Cosworth puis par un V6 Motori Moderni, était chaussée de pneus Pirelli. La voiture de l’époque était à dominante jaune et noire. Il fallut attendre 1989 pour voir Minardi marquer ses premiers points au championnat avec deux cinquièmes places (Royaume Uni et Portugal) et deux sixièmes positions. (Royaume Uni et Australie) Cette année marquait le retour de Pirelli chez Minardi après un cours intermède chez Good Year. La M189 était alors motorisée par un V8 Ford Cosworth, motoriste qui est assez lié à l’écurie italienne.

Minardi F1 TeamEn 1991, la petite Scuderia de Faenza réitéra en empochant de nouveau 6 points mais cette fois avec deux quatrièmes positions. La M191 propulsé par le V12 Ferrari et pilotée par Martini, Barilla et Morbidelli permit à Minardi de réaliser sa meilleure saison en terminant au septième rang mondial. Il s’agissait de la première année du retour en pneus Good Year. (les châssis Minardi furent précédemment chaussés de Good Year en 1987 et 1988)

Minardi F1 Team Après un court intervalle d’une saison passée avec Lamborghini, c’est le retour du V8 Cosworth en 1993. Et la monoplace M193 dessinée par Gustav Brunner termina à la quatrième place du grand prix d’Afrique du Sud, emporta la cinquième position à Monaco et empocha deux fois le point de la sixième place à Donington et Imola. Malgré un meilleur total de points qu’en 1991, Minardi termina au huitième rang du championnat constructeurs. Ce fut également la fin des monoplaces Minardi vêtues de jaune et de noir.

Mais des difficultés financières arrivèrent et en 1996, Flavio Briatore et Gabriele Rumi achetèrent la majorité des parts. En 1998, Briatore céda ses parts à Rumi qui devint actionnaire majoritaire. La saison 1999 marqua le retour de Minardi dans le classement mondial avec le point marqué par l’espagnol Marc Géné au grand prix Européen. 2000 fut moins glorieux pour l’écurie.

Le cru suivant, 2001, marqua un renouveau pour l’écurie italienne. Le départ d’un sponsor majeur mit Minardi dans des difficultés financières que Paul Stoddart assécha fort heureusement. Arrivé à la tête de Minardi, l’australien permit donc à la scuderia de prendre le départ de la saison mais surtout de préparer la saison 2002. Proposée en soufflerie et affinée par des tests, la monoplace PS02 (PS pour Paul Stoddart) démontra que l’équipe était capable de grandes choses lors de cette saison et termina à la neuvième place du championnat.

Minardi F1 TeamL’année 2003 vit une nouvelle fois le retour du motoriste Ford Cosworth sur un châssis Minardi, en quelque sorte un retour aux sources accentué par le retour du noir sur les monoplaces Minardi en 2001.
Mais Minardi s’est toujours démarqué également par ses pilotes. Si les difficultés de boucler un budget pour participer à la Formule 1 sont nombreuses et oblige parfois à choisir un ou deux pilotes payants, la scuderia italienne a souvent permis l’éclosion de pilotes talentueux. On remarquera ainsi que Giancarlo Fisichella (1996), Jarno Trulli (1997) ou encore plus récemment Fernando Alonso (1999) et Mark Webber (2002) ont tous fait leur premières armes dans l’écurie de Faenza. (Ces quatre pilotes font partis de “Capables de Tout en 2003″**) Avec le retour de Jos Verstappen en F1 et l’arrivée du jeune britannique Justin Wilson, cette tendance et l’amour de la compétition de Minardi ne semblait pas prêts de s’arrêter… Et ce ne fut effectivement pas le cas. L’écurie Jaguar Racing lorgnait sur Justin Wilson et le jeune britanique se retrouvait dans les monoplaces vertes à quelques grands prix de la fin de saison. Nicolas Kiesa le remplaça au pied levé. Si le cru 2003 fut marqué par des hauts - la pole position de Jos Verstappen lors des qualifications du vendredi au Canada - et des bas - aucun point pris lors des 16 courses - la petite scuderia de Faenza a de la ressource et s’est promis de faire plus fort en 2004. Et avec une passion débordante, le pari méritait d’être gagné.

Lors de l’année 2004, la monoplace reprenait des pièces de l’Arrows A23, achetée par Minardi lors de la mise en liquidation de l’écurie Arrows, et de la PS03. Lors du grand prix des Etats-Unis, à Indianapolis, Zsolt Baumgartner marqua le point nécessaire à Minardi pour figurer dans le classement mondial. En 2005, la scuderria de Faenza possédait un package suffisemment performant pour devancer à la régulière les monoplaces de l’équipe Jordan, alors motorisée par Toyota. 7 points furent marqués à Indianapolis, suite au forfait des 7 écuries en pneus Michelin. A la fin de la même année, l’écurie fut rachetée par Red Bull qui utilisa cette équipe pour en faire un tremplin pour les jeunes pilotes du programme de développement Red Bull. C’est la naissance de la Scuderia Toro Rosso, basée au même endroit que l’ancienne écurie Minardi.

Désormais, le nom Minardi perdure en GP2 et en Champ Car World Series. Dans ce championnat, l’équipe porte le nom de Minardi Team USA suite au rachat par Paul Stoddart de l’écurie CTE Racing - HVM. En GP2, l’écurie se nomme Minardi-Piquet.

*Cette article est une réédition de l’article publié par Julien Devergnies le 28 octobre 2003.

** La rubrique “Capables de tout” est une sélection des pilotes qui sont voués à surprendre lors de la saison à venir. Cette rubrique est unique et elle n’existe que sur le CVGPF1.

Sources: Minardi et sources diverses
Photos: Minardi

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